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La version de Matteo Thun, interprétant le passage du 19e au 20e siècle dans les chambres de l'hôtel Altstadt Vienna, est aussi moderne que rafraîchissante, car il y célèbre le mode de vie de ce tournant de siècle peu banal. La moyenne et haute bourgeoisie était sans cesse partagée entre une euphorie orientée vers le futur et le dégoût de la vie, entre une atmosphère de renouveau et le mal du siècle. Cette époque est caractérisée par la frivolité, la fascination exercée par la mort, l'insouciance et la décadence. Les membres de cette classe sociale se doraient au soleil de leur aisance financière et s'adonnaient avec superficialité et sans se soucier de quoi que ce soit aux représentations mondaines : cafés, cabarets, salons et salles de concert.

Le besoin de divertissements frivoles laissa le champ entièrement libre à l'art à la culture et permit de balayer une réalité trop souvent insupportable.

Vienne offrait à l'époque - comme ne le faisait aucune autre capitale d'Europe - le cadre idéal pour explorer la nudité du corps et la redécouverte de la sexualité. Nulle part ailleurs l'envie de faire scandale n'était aussi grande, nulle part ailleurs le dévoilement raffiné ne fut autant célébré.

Le symbole de cette époque et l'expression du franchissement des bonnes moeurs n'est autre que la plus célèbre femme légère de Vienne, Josefine Mutzenbacher, dont Matteo Thun s'est également inspiré.

Matteo Thun Room
Matteo Thun Room
Matteo Thun Room

Un brin d'érotisme

En entrant dans la chambre, les hôtes sont transportés dans la Vienne du tournant du siècle et dans le monde de Josefine Mutzenbacher : ce qui frappe immédiatement, c'est le grand tableau sur le mur, un nu créé entre 1900 et 1950.

Les huit chambres ont eté intentionnellement aménagées dans des couleurs sombres. Au sol, des parquets en chêne teinté ainsi que des tapis aux dessins damassés en sont les éléments décoratifs. Le côté pesant des tons foncés est anobli par les meubles en velours rouge (sièges "Villa Gallia" de Josef Hoffmann) et le lustre de Prague, qui rappellent les salons viennois et leurs somptueuses réceptions d'autrefois.

L'ensemble est allégé par les rideaux aux tons crème, dont le motif damassé rappelle celui du tapis. Quelques meubles, comme le bureau et le siège ont été créés sur mesure par Wittmann d'après des dessins de Matteo Thun.

Chaque chambre a son propre nom, tissé dans le tapis gris foncé (fait sur mesure par Tollgate). La salle de bains se présente dans un manteau noir, tandis que les murs sont parés de mosaïque de Bisazza et de petits cristaux Swarovski, comme autant de petits points lumineux. Le sol est en marbre noir miroitant. Le fond sombre forme un élégant contraste avec la la robinetterie en laiton chromé ("Bellagio" de Zucchetti) et le blanc froid des vasques ("Roma" de Catalano), ce qui créé une atmosphère empreinte de luxe.

La Belle Epoque nouvelle version

La suite fait également partie des espaces aménagés par Matteo Thun et porte le nom de "Herrenzimmer" - La chambre de maître - : c'est tout au moins ainsi que l'on imagine une chambre réservée au maître de maison et à ses hôtes, dans une maison viennoise à la Belle Epoque.

A la différence des autres chambres, les tapisseries sont ici rayées, le canapé et les fauteuils de Wittmann en cuir brun. Le lit est foncé et le tapis de couleur cognac. Une des originalités de cette suite, c'est la salle de bains ouverte, avec une baignoire qui trône au beau milieu de la petite estrade, à côté de la vasque et du miroir. L'art du bain est ici célébré dans toute sa splendeur, puisque le corps est exposé, ce qui met en scène un des rites de la séduction.

Pour en savoir plus, cliquez ici 

L'équipe : Matteo Thun, Micheal Catoir, Gunhild Breloh, Sabrina Wilms